Le Gospel

Le Gospel

Le gospel song (chant d’évangile), désigne la façon particulière dont les communautés chrétiennes noires des Etats-Unis exécutent les cantiques religieux que leur ont transmis la population blanche. Le gospel trouve ses origines aux premiers temps de l’esclavage africain en Amérique.

Prêtres catholiques et pasteurs protestants prennaient en charge l’éducation religieuse du peuple noir. Une forme musicale nouvelle s’est ainsi élaborée, qui tient à la fois des rites magiques africains et des vieilles méthodes d’enseignement spirituel. Il existe une similitude avec les traditions des Hébreux, où l’on répétait la Loi, article après article, en chantant.

Le missionnaire prédicateur faisaitt reprendre à ses fidèles le texte évangélique, verset par verset. Peu à peu, les répétitions rythmiques installèrent des formules d’incantation, accompagnées de battements de mains, de mouvements du corps menant à un genre de transe collective. Cette sensation d’une présence divine que les mots seuls ne peuvent saisir, s’associe au phénomène tout à fait comparable de dithyrambe des Grecs antiques.

Les formules et les chants importés d’Europe occidentale se sont rapidement transformés (avec conservation de la langue anglaise), prenant une consistance rythmique, un profil mélodique proche du blues, un contenu émotif très particulier.

Le gospel apparaît comme une forme de la musique sacrée, profondément personnelle aux Noirs américains, exprimant l’espoir en une terre promise, terre natale ou patrie de l’au-delà, d’une communauté d’exilés.

Sitôt après la guerre de Sécession, se sont constitués des groupes de chanteurs de gospel songs (Jubilee Singers). Nombreux aujourd’hui, ils ont fait connaître en Occident, et sous la forme profane du concert, le gospel, qui demeure cependant le patrimoine des chœurs d’église et des fidèles eux-mêmes.

Les thèmes de gospel songs sont aussi chantés par des solistes accompagnés d’un soutien instrumental, comme Mahalia Jackson ou Marian Anderson. Nombre d’entre eux (When the Saints go marchin ‘in, Swing low, Sweez Charriot) ont servi ou servent encore de source d’inspiration aux jazzmen, aux chanteurs populaires et aux orchestres de danse, tout style confondu.