La danse est sans doute une manifestation fort ancienne de notre humanité. D’abord simple exaltation physique, elle apparaît vite liée à des rites magiques pour devenir ensuite un art, art qui connait aujourd’hui un nouvel épanouissement, au même titre que le théâtre et le cinéma. Le phénomène de la danse est inhérent à l’homme par une suite de mouvements corporels qui ne sont ni ceux de la marche, ni ceux de la course, il exprime sa joie ou sa douleur, son orgueil ou sa révolte.
La danse dans son expression religieuse.
Tout comme, en musique, le Gospel fait référence à des chants en rapport avec la religion, la danse s’introduit dans ce domaine sous des formes particulières. A l’origine, l’homme a tôt fait de découvrir l’ivresse, ou même l’exaltation, l’extase que provoquent certains rythmes.
Une des mesures mystiques de la danse, se retrouve chez les derviches tourneurs de l’Islam, dans le chamanisme ou le védisme de l’Orient. Des mouvements singuliers et intenses amènent le danseur à un état second, où sa perception de l’univers se fait tout autre; la danse l’extrait de sa routine biologique pour le faire vivre à l’unisson des grands rythmes naturels, le mettre en communication avec les forces cosmiques.
La danse joue un rôle primordial dans tous les rites religieux ou magiques : enterrement des morts, conjuration des éléments, démonstration guerrière comme la danse du scalp, rites propitiatoires pour la chasse, etc. Ce type de danse se retrouve dans les sociétés liminaires et reste attesté jusque dans l’Ancien Testament, dans l’Egypte ancienne, et surtout dans la civilisation indienne. « Notre Dieu, dit un texte hindou, est le dieu danseur (Shiva) qui, semblable à la chaleur du feu qui embrase le bois, irradie son pouvoir dans l’esprit et dans la matière, et les entraîne à leur tour dans la danse. » Procédé de technique incantatoire, la danse n’est pas alors, à proprement parler, un art, mais touche au sacré.
La danse dans la période de l’antiquité.
Dans la Grèce antique, la danse orgiaque est à la base rituelle festive du dithyrambe (poème lyrique à la louange de Dionysos).
Tandis que le dithyrambe évolue jusqu’à constituer la tragédie, tous les éléments du rituel primitif sont conservés, mais à un niveau supérieur. Ainsi, lorsque le chœur antique chante et danse, c’est selon les intentions de l’auteur et l’exemple des exécutants. Il s’agit pour la première fois, à l’aube de la civilisation occidentale, d’une véritable chorégraphie, d’une manifestation esthétique concertée encore toute vibrante de ses origines magiques.
La danse au Moyen Age
Pendant tout le Moyen Age et malgré la survivance des danses populaires, particulièrement dans le milieu rural, la danse s’apparente au théâtre, interdite par l’Église. Il faudra attendre le XVème siècle pour qu’un Italien Gugliemo Ebreo, chorégraphe du duc d’Urbin, écrive le premier traité sur la danse et utilise le premier le terme de « balleto » pour désigner les divertissements qu’il organisait pour la cour. Spectacle typique de la société de la Renaissance, le ballet se présente comme une combinaison fort raffinée de mouvements, de pas et de figures d’acteurs participant au décor des fêtes.
Le Ballet
Le ballet est introduit France à la suite des guerres d’Italie et sous l’influence des princes italiens vivant à la Cour et notamment de Catherine Médicis. En 1581, le Ballet comique de la Reine, organisé par Balthazar de Beaujoyeux, mêle décor, musique, danse et théâtre, donnant ainsi naissance au ballet de la Cour. De même en Angleterre, la danse se développe dans le théâtre élisabéthain, où l’acteur est en ni temps chanteur et danseur, tout comme dans la Commedia dell’arte.
Le ballet de cour atteint apogée avec le règne de Louis XIV danseur lui-même et qui fondera l’Académie royale de musique et de danse.
Lulli dirigera ce concept d’Académie, et en 1673, des ballets seront joués au Palais-Royal, présentant des comédies-ballets et des tragédies ballets. Les bases de la danse classique seront désormais jetées, il ne s’agit plus seulement d’attitudes gracieuses ou de mimes, mais d’une véritable technique impliquant la souplesse, la légèreté, l’harmonie des gestes et toute une syntaxe des figures.
La danse classique
Au XIXème siècle, le ballet s’empare des sujets mis à la mode par les poètes et les écrivains romantiques. La ballerine fait de plus en plus preuve de virtuosité
les pirouettes, les arabesques, les pointes et le tutu créent une sorte de mythe; elle devient une vedette, au détriment du danseur, réduit à jouer les utilités. Marius Petipa introduit le ballet romantique en Russie et collabore avec Tchaïkovsky à des oeuvres encore dansées à l’heure actuelle la Belle au Bois dormant (1890), Casse- noisette (1892), le Lac des Cygnes (18954 dans lesquelles danseurs et danseuses russes ont su prouver leur talent et leur virtuosité.
La danse devient ainsi une langue morte, employée seulement par une élite; la technique est le seul but recherché et le répertoire ne varie guère en France et en Russie, où l’on reste profondément attaché aux traditions occidentales.
C’est en Amérique que la danse va connaître une renaissance, d’abord avec Jsadora Duncan et son école.
Abandonnant chaussons et pointes, Isadora Duncan revient à des « poses plastiques n naturelles et souples, inspirées par l’art grec; la personnalité et l’enthousiasme de cette danseuse vont permettre à la danse de sortir de son cadre rigide.
Une autre personnalité originale, mécène cultivé, va offrir au monde de la danse la possibilité de participer à tous les autres arts.
Serge de Diaghilev connaît un succès sans précédent à Moscou avec sa troupe des Ballets russes qu’il va promener dans toute l’Europe.
La danse contemporaine
En Europe depuis 1960, Maurice Béjart a réussi, avec son « Ballet du XXème Siècle » à faire de la danse l’expression d’un art de masse et non plus d’une élite. Il définit la danse comme un double langage, à la fois intérieur et universel. |